04. juillet 2016 · Catégories: Actualité

Un projet innovant, le choix de conserver la vocation touristique du lieu.

Le dossier de la cession de l’Hôtel Résidence de Camargue a progressé, conformément à ce que nous avions prévu dans notre projet municipal et l’opposition à une vision court-terme de l’ancienne municipalité. Notre position : la commune n’a pas vocation à être un opérateur hôtelier, de supporter les coûts d’investissements d’un appareil touristique, et nous estimons que c’est aux opérateurs dont c’est le métier de posséder, de réaliser les investissements adéquats et d’exploiter une telle structure.

Rappelons le coût de l’achat par la commune en 2004 : 14.750.000€, auxquels il faut ajouter par la suite 3.750.000€ de travaux jusqu’en 2011. Cet investissement a été couvert à 90% par de l’emprunt, soit 16.600.000€ – notamment par des emprunts toxiques -, le reste par autofinancement.

A l’origine, cette résidence touristique apportait une rente de 1.450.000€ annuelle, avec répercussion des taxes foncière et TEOM, révisable selon un indice basé sur le coût de la construction et les prix à la consommation. D’avenants en avenants, le produit locatif net de 1.524.000€ en 2005 est passé 10 ans plus tard à 1.237.000€. Force est de constater que ce choix politique qui se voulait être une « bonne affaire », avec une rente facile pour la municipalité, est devenu 10 ans après un appareil en déficit d’entretien (selon le consensus de l’ensemble des élus du conseil municipal), avec un locataire qui a de la difficulté à l’exploiter – et qui a demandé et obtenu des allègements de redevances successifs – et qui nécessite aujourd’hui des investissements trop lourds pour envisager une rénovation aux standards de la clientèle actuelle.

Nous croyons ainsi qu’une bonne vision moyen et long terme est de rendre ce patrimoine aux opérateurs touristiques, professionnels capables d’exploiter et de réaliser les bons investissements.

C’est le bon moment pour céder ce patrimoine avant qu’il ne coûte de l’argent aux contribuables face aux indubitables rénovations à entreprendre. Cela va à l’encontre de la vision court-terme d’une « rente qui tombe chaque année » de nos prédécesseurs, qui finalement risque de coûter cher une quinzaine d’années après.

Le Conseil a ainsi décidé de céder le bien à la société ‘Océanis Promotion’ pour un montant de 15.000.000€ HT. Cette société a été retenue parmi huit candidats à l’issue de l’étape de la sélection du projet le 30 mars dernier. Elle porte un projet touristique innovant, à haut niveau de qualité, que nous vous présenterons ultérieurement. Cette opération est menée en parfaite cohérence avec l’avis de France-Domaine (organisme en charge de l’estimation des biens publics), qui estime la valeur vénale de ce bien à 16.000.000€ HT avec une marge de négociation possible de 10%.

L’opposition dénonce une « sous-évaluation » qui ne tiendrait pas compte des parkings attenants,  compris dans la vente, et que donc nous avons convenu d’un prix de vente biaisé. Nous les rassurons, les parkings sont bien compris dans l’estimation, le document initial fourni par France-Domaine était erroné dans sa présentation.

Une opposante aux raisonnements simplistes et populistes, déplore que nous vendons moins cher que ce qu’a coûté l’opération à la commune. 15.000.000€ de revente face à un patrimoine qui a coûté en investissement 18.500.000€ à la commune, « bravo M. le Maire pour votre sens des affaires » disait-elle.

Faut-il rappeler qu’une estimation des Domaines est une valeur théorique déterminée à partir de l’état du marché immobilier, d’un potentiel à long terme, des contraintes légales, et des décisions prises par la municipalité quant aux usages, affectations d’un patrimoine et des restrictions qu’elle décide. Si nous avions pour objectif exclusif un prix de vente maximum, nous aurions choisi d’orienter le cahier des charges vers la promotion immobilière, et ainsi l’estimation des Domaines aurait été plus élevée.

Nous n’avons pas voulu d’un projet immobilier, résidentiel, pour garder ce patrimoine dans une vocation touristique et d’habitat de loisirs ; la valeur vénale s’en trouve donc différente. Si l’on avait décidé d’un projet résidentiel, nous aurions pu vendre plus cher, mais ç’aurait été au détriment d’un emplacement exceptionnel pour un appareil touristique et au prix d’une « bétonisation » supplémentaire du bord de mer. De surcroît, un nouveau quartier aurait rajouté toutes les dépenses de voiries et municipales inhérentes à un accroissement de l’espace public dans le budget. Un profit court terme qui aurait été rattrapé par les frais de fonctionnement d’un quartier supplémentaire. Nous préférons le faire plus intelligemment et avec une vision d’avenir durable, dans la perspective de l’écoquartier méditerranéen près des écoles, plutôt que de laisser un nouveau quartier dessiné par des promoteurs dans une logique de rendement.

Alors non, comme aiment le scander nos opposants, nous ne bradons pas le patrimoine, et nous ne nous satisfaisons pas de raisonnements simplistes et uniquement vénaux, du type « la cagnotte  léguée » par la précédente municipalité, qu’évoquait l’ancien adjoint aux finances dans un précédent conseil (que nous cherchons encore dans les combles de la mairie, entre les piles de bons d’emprunts et les rapports d’expertise explicitant la mauvaise gestion passée).

Alors oui : il s’agit d’un véritable choix et d’une vision moyen/long terme que de vendre à cet opérateur touristique dans ces conditions. Nous avons fait le choix de conserver la vocation touristique du patrimoine. Nous avons fait le choix d’un projet original. Nous avons raisonné sur des projets, sélectionné, et avons fait le choix de la qualité, là où nos opposants nous font frémir de leur vision court-terme, purement financière et sans se préoccuper de l’avenir de ce patrimoine qui aurait pu devenir tout et n’importe quoi, dès lors que l’on est à la recherche absolue du meilleur prix.

Si notre opposition est dans le court-terme, dans la polémique immédiate, dans des logiques rentières, nous, nous sommes pour l’avenir, et plutôt permettre à une entreprise supplémentaire de s’implanter sur le territoire et d’exploiter intelligemment cet emplacement exceptionnel, et de conserver la vocation touristique du lieu.

En son temps, la question s’était posée à propos du Seaquarium ; il s’avère que le pari d’une infrastructure touristique à payer devant le succès que nous lui connaissons aujourd’hui.