Conseil municipal de septembre. Une délibération concernant le théâtre.

Sophie Pellegrin Ponsole, si elle est « consciente que Monsieur le Maire veuille favoriser l’accès à la culture pour tous au vu des tarifs assez bas qui sont pratiqués » nous dit qu’elle s’ « étonne un peu de la faiblesse de la qualité de la programmation d’année en année » et demande « s’il n’est pas envisagé une DSP (Délégation de Service Public) pour les années à venir tout comme cela a été fait pour les arènes ».

Conseil municipal de novembre. A nouveau une délibération concernant le théâtre. Et à nouveau la même remarque sur « le manque de qualité de la programmation ». Elle est cohérente.

Ah cette cohérence ! Sophie Pellegrin Ponsole l’évoque comme motif d’une « mise en Délégation de Service Public de l’Espace Jean-Pierre Cassel comme cela a été fait pour les arènes ».

La cohérence, c’est quoi ? Le tout ou rien ? Ou bien le mélange des genres ? Tout privatiser ou tout « municipaliser » ? Ou bien se remettre en question, choisir ce qui est le mieux pour mener sa politique culturelle, en fonction des atouts et des limites du service à la population, en fonction des expériences observées ailleurs, d’une réflexion et d’une ambition ?

Est-il cohérent de comparer, à l’emporte-pièce, une programmation de spectacles taurins et celle de spectacles de théâtre, musique, etc… ? Les « acteurs » ne sont pas les mêmes !

Une réelle concurrence ?

  • Entre la saison de Cassel d’octobre à mai et les spectacles non taurins de juillet et août aux arènes ?
  • Entre Cassel avec ses 386 places et les arènes avec 3000 places. Et donc les dépenses qui ne peuvent être similaires, ni les recettes ni les bénéfices ni les artistes (certains d’entre eux refusant de se produire dans de petites salles comme Cassel) ?
  • Le public « en vacances » a-t-il les mêmes attentes que le public de Cassel, même si certains spectateurs fréquentent les deux lieux ?

La mise en délégation des arènes répondait à un choix financier. Certains ont poussé les hauts cris, parlé de « mise en danger des traditions » Il s’avère que les programmations successives des arènes proposées par le délégataire ne nous ont pas déçus : nous le savions, nous l’avions dit… Et apparemment, les détracteurs et les affoleurs d’alors en conviennent aujourd’hui…

Ce n’est pas un non-sens ni une incohérence. A chacun sa programmation, son fonctionnement, sa ligne de conduite et au final quand l’offre est multiple, c’est le public qui gagne.

Nous en sommes persuadés, le spectateur aime le drame, la comédie, le one-man show, le cirque, le spectacle musical comme il aime les légumes et les féculents, la viande et le poisson ; ce même spectateur aime à la fois lire des romans policiers et des classiques et assister à des courses camarguaises et des abrivados…

Enfin, la qualité…

Qu’est-ce que ce mot veut dire ? Nous aurions aimé entendre des remarques plus précises : mauvaise mise en scène, mauvais jeu, spectacle trop ceci ou pas assez cela…

Mais pour parler de la programmation, encore faut aller voir les spectacles ! Ou en amont dire : « Pourquoi choisir ce style de spectacle, ce thème, cet artiste plutôt que ceux-là ? » Et faire des propositions…

Sophie Pellegrin Ponsole répond à Michel Breton qui lui demande quels spectacles elle a vus pour parler ainsi, que « la programmation ne l’attire pas ». Alors la critique porte sur… euh ben rien… ou peut-être seulement sur le titre et le résumé…

Ah ! Les fameuses critiques de théâtre qui émettent des opinions sans avoir vu les spectacles, en jonglant sur les « on-dit » et autres avis de proches qui encensent ou assassinent… « Je n’ai vu aucun spectacle mais j’affirme que la programmation est nulle ».

Quand on aime le théâtre, on est curieux avant tout, curieux d’aller voir, curieux de l’inconnu… Quand on aime le théâtre, on savoure les instants précieux de ces échanges public-artistes… Quand on aime le théâtre, on lit le programme en misant sur les valeurs sûres ou en imaginant tous les possibles… Quand on aime le théâtre, on a envie d’être surpris, on fait confiance aux créateurs, on sait qu’on peut être déçu, on prend des risques… Risques limités puisque le théâtre est au coin de la rue et que les places ne sont pas chères…

Oui, la sélection se fait après avoir assisté à une quarantaine de spectacles, sans parler des spectacles « vus à la télé ». Oui, nous devons choisir et c’est parfois énervant parce que certains spectacles sont trop chers ou ne sont pas en tournée. Oui, nous pouvons nous tromper. Et non, nous ne prenons pas les choses à la légère ! Et non, nous ne faisons pas n’importe quoi, nous n’en n’avons pas le droit avec la belle salle que nous possédons !

Une salle remise aux normes, actualisée. Des actions concrètes de dynamisation et de promotion. Une programmation, riche, modestement ambitieuse, associée à des choix tarifaires permettant au plus grand nombre d’y accéder. Ce ne sont pas que des mots lancés, mais bien les axes de notre vision politique en matière de programmation de spectacles.