03. août 2016 · Catégories: Actualité

Les groupes d’opposition voudraient faire un sujet de la vente de l’ancien hôtel de ville. Ils contestent cette vente et brandissent sondage sans méthodologie et pétition.
Je me demande quelle est leur véritable motivation. Je crois que la démarche est purement politique.

Leur premier argument est de l’ordre de la valeur sentimentale qu’accorderaient les Graulens à cet édifice. Il est vrai qu’un hôtel de ville est le témoin d’un pan de l’histoire d’une commune. On peut lui rattacher la mémoire politique, le lieu de décisions, des mariages, la carrière des agents. En ce sens je peux comprendre que certains puissent y être attachés. Cet attachement est-il aussi important que l’opposition veuille bien le dire, au point que cela mérite qu’on en fasse une question centrale ? N’y-a-t-il pas, de nos jours, des questions plus fondamentales justifiant la mobilisation citoyenne ?

Je rappelle que c’est mon prédécesseur, Etienne Mourrut, qui a décidé d’abandonner ce bâtiment et de construire une nouvelle mairie ; son intention était bien de se séparer de l’ancienne. Le deuxième argument des détracteurs est d’ordre financier. Le montant de la vente serait selon eux insuffisant. Ils évoquent des sommes astronomiques, comme s’ils avaient le pouvoir de faire le marché de l’immobilier. Pourtant, France Domaine, l’organisme officiel que nous avons consulté, évalue le bien à 840.000€. Nous avons lancé un appel à candidature sous le mode d’enchères publiques, sur un site spécialisé. L’offre la plus élevée a été de 826.000€. C’est à ce niveau que la vente a été conclue, conforme à la marge de négociation de 10%. La vente se fait donc au juste prix. L’opposition considère qu’il aurait mieux valu conserver ce bâtiment pour un usage public sans en préciser lequel ! Mon point de vue est totalement différent et j’assume cette décision prise à la majorité.

Il y a d’abord une absolue nécessité de renflouer les caisses de la ville. Il ne faudrait pas oublier trop vite, comme le voudraient certains, que notre commune est sous le coup d’une dette durable qui consomme plus de 5 millions d’euros par an sur le budget. Lorsque nous avons entièrement payé les dépenses de fonctionnement, les 94% du solde restants dans les caisses sont dédiés au remboursement de cette dette jugée démesurée par la Chambre Régionale des Comptes. Les recettes sont aussi soumises à une baisse de la Dotation Générale de fonctionnement et nous devons compenser près de 900.000€.C’est à peu de chose près l’équivalent d’une augmentation des impôts locaux de 10%, augmentation que nous avons décidé de ne pas appliquer pour le budget 2016. Il vaut mieux vendre l’ancien hôtel de ville 826.000€. Ce choix de vente de biens patrimoniaux est celui de très nombreux maires en France.

Conserver le bâtiment, comme le conseille l’opposition, aurait plusieurs effets négatifs : ne pas bénéficier de cette recette, engager des dépenses nouvelles de réhabilitation d’un édifice dégradé (de toutes façons, la ville n’en a pas les moyens) et de rajouter des frais de fonctionnement. Les conseilleurs de l’opposition ne sont pas les payeurs. Lorsqu’on fait l’addition, cela représente deux millions d’euros. C’est la somme que nous comptons investir chaque année pour remettre à niveau la voirie. Le dernier point sur lequel je veux insister, c’est le caractère exemplaire que j’exige auprès du nouveau propriétaire par rapport à son projet. Une attention toute particulière doit être accordée sur ce site en zone protégée dans le périmètre classé de l’ancien phare, monument historique inscrit au patrimoine. Je demande que l’architecte des bâtiments de France soit consulté. Le bâtiment ne sera pas détruit, il sera l’objet d’une réhabilitation de qualité, ce qui devrait convenir aux Graulens qui y sont attachés avec sincérité. Je souhaite que cette réhabilitation soit un signe fort de ce que doit être l’évolution qualitative de notre centre ancien.

Ainsi nous sommes bien sur une décision cohérente à la fois pour les finances publiques et sur la valorisation de notre patrimoine. Je tiens à rassurer les Graulens, notre attention avec l’équipe qui m’accompagne est totale sur l’ensemble de ces aspects. Nous assumons nos choix. L’opposition assume ses polémiques. Quel est le fond de leur sincérité sur ce dossier ? Les habitants et les habitantes du Grau-du-Roi en jugeront.

Robert CRAUSTE
Maire du Grau du Roi